Un terrible constat d’échec
L’extension du Plan de Gêne Sonore (PGS) de l’aéroport de Roissy, décidée en juillet 2004, et du Plan d’Exposition au Bruit en avril 2007 est une catastrophe qui s’abat sur les victimes des nuisances aériennes. Sous des dehors de dispositif de progrès, ces cartographies donnent droit à des aides à l’insonorisation (PGS) et sont censées protéger les riverains contre ces nuisances (PEB). Ils apparaissent comme un véritable marché de dupes, marquant l’échec de la maîtrise des nuisances aéroportuaires en Ile-de-France.

Ces plans ne reculent pas sur les zones les plus urbanisées où l’impact sanitaire est le plus fort ; bien au contraire il gagne du terrain.

Pour le PGS, entre 1999 et 2004, le nombre de communes impactées passe de 40 à 60, la superficie du PGS de 14 233 à 22 661 hectares (+ 57 %), et le nombre de logements de 15 915 à 63 257 (+ 300 %). Au total, plus de 174 000 personnes sont concernées par l’extension durable des nuisances, dont 90 % dans le Val d’Oise.

Pour le PEB, entre 1989 et 2007, la surface des zones A,B,C passe de 14 555 ha à 22 339 ha, soit une augmentation de 53 %. En comptant la zone D, cet accroissement s’élève à 269 %. La population habitant dans le nouveau PEB est multipliée par 9,5.

Pourquoi une telle augmentation ?
Premièrement à cause du maintien d’un nombre important de vols de nuit, en contradiction avec les préconisations de l’OMS et en violation de la Convention européenne des droits de l’Homme*. Chaque vol de nuit est comptabilisé comme 10 vols de cœur de journée (tranche 6h – 18h).

Deuxièmement, parce que la plate-forme de Roissy connaît une croissance que l’on ne voit nulle part ailleurs. Le trafic en nombre de mouvements a doublé en 15 ans. C’est sur la plate-forme qui affecte le plus de riverains que l’on concentre le plus de nuisances (nombre de mouvements et vols de nuit).

Les chiffres ci-dessus mettent en lumière la légitimité de nos 2 revendications principales : l’arrêt des vols de nuit et le plafonnement en nombre de mouvements à un niveau permettant une réduction sensible des nuisances. L’application de ces deux seules revendications permettrait de réduire de moitié la gêne subie par les riverains et de revenir à des surfaces de PGS et de PEB beaucoup plus réduites.

Le projet de « PGS étendu » marque l’accroissement de l’impact financier des nuisances de l’aéroport de Roissy sur les populations survolées. L’ADVOCNAR en appelle aux élus pour contraindre les pouvoirs publics à bâtir un véritable plan de maîtrise des nuisances aériennes qui ne se contente pas d’un simple volet réparateur, mais qui intègre de réelles mesures de prévention.

Certaines solutions techniques comme le relèvement de l’altitude d’interception du plan de descente finale, l’approche en pente continue, et l’amélioration des procédures anti-bruit au décollage tardent à être mises en oeuvre. Par ailleurs, l’ouverture d’un débat quant à l’orientation des pistes de Roissy-CDG, et l’instauration d’une plage de silence total, la nuit, de huit heures consécutives, devraient permettre d’améliorer les conditions de vie à moyen terme.

* [article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme : Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance]

 « A Roissy, l’orientation est-ouest des pistes ne se justifie plus »*
Le rapport parlementaire sur l’avenir du transport aérien français* est sans ambiguïté : les pistes du doublet sud de Roissy – Charles-de-Gaulle sont à ce point nuisantes pour les populations [du Val-d’Oise et des Yvelines] qu’elles pourraient être neutralisées. En accusation, leur orientation est-ouest, décidée comme telle pour des raisons techniques inhérentes aux années 60-70, caduques aujourd’hui. « Les avions de ligne pouvant décoller avec un vent de travers de 35 ou 40 noeuds, et atterrir avec un vent de travers de 30 noeuds », l’idée du changement d’orientation des pistes, vite oubliée par les pouvoirs publics, pourrait être relancée. Une orientation nord-ouest/sud-est permettrait d’épargner les populations et de réduire le coût des nuisances, notamment grâce à une forte optimisation des contours du Plan de Gêne Sonore.

* Rapport N° 1016 du 9 juillet 2003 sur l’Avenir du transport aérien français et la politique aéroportuaire. Proposition N°4, pages 7 et 8 de la troisième partie du rapport.

Vatry, la respectueuse
L’impasse environnementale de Roissy – Charles-de-Gaulle, que trahit le projet de révision du Plan de Gêne Sonore (PGS), est-elle inéluctable pour l’industrie du transport aérien ?
Une réalisation récente, l’aéroport de Vatry dans la Marne, laisse penser que les contraintes environnementales peuvent être honorées, y compris par le transport aérien.

A Vatry, le développement à long terme de la plate-forme, au regard des contraintes de tranquillité des riverains, a déjà été pris en considération. Dès l’origine du projet, en 1994, un projet d’intérêt général (PIG) a permis de geler le foncier dans une zone déterminée comme « périmètre de développement de l’aéroport » (1 850 hectares). Le schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme (SDAU) de Châlons en Champagne a permis de rendre inconstructibles les zones proches de l’aéroport et celles situées, actuellement ou à moyen terme, dans les zones de bruit les plus nuisantes. Ainsi, en 1999, un plan d’exposition au bruit a été approuvé, prenant en compte des hypothèses de développement à long terme : 33 000 mouvements annuels pour 600.000 tonnes de fret à l’horizon 2020.

Cette prise en compte des contraintes environnementales futures illustre l’appartenance au XXIe siècle de la plate-forme de Vatry. Un atout dont ne peut se prévaloir l’aéroport de Roissy, qui souffre d’une conception qui remonte aux années 60.

Par Simone Nérome, présidente de l’Advocnar, et Sébastien Trollé, vice-président, auteur du livre « Les Poisons du Ciel »

Advocnar (Association de Défense Contre les Nuisances Aériennes) – BP 10002 – 95390 Saint-Prix

 


  Les communes de Seine et Marne et du Val d’Oise intégrées au PGS de Roissy
Les 35 communes du Val-d’Oise intégrées au PGS de Roissy-CDG
Andilly
Arnouville-lès-Gonesse
Attainville
Belloy-en-France
Bonneuil-en-France
Bouqueval
Chennevière les Louvres
Deuil-la-Barre
Domont
Ecouen
Enghien-les-Bains
Epiais-lès-Louvres
Ezanville
Fontenay-en-Parisis
Garges-lès-Gonesse
Gonesse
Goussainville
Groslay
Louvres
Mesnil-Aubry
Montmagny
Montmorency
Piscop
Plessis-Gassot
Roissy-en-France
Saint-Brice-sous-Forêt
Sarcelles
Soisy-sous-Montmorency
Thillay
Vaudherland
Vémars
Villaines-sous-Bois
Villeron
Villiers-le-Bel
Villiers-le-Sec


  • Les 24 communes de Seine-et-Marne intégrées au PGS de Roissy-CDG
    Compans
    Cuisy
    Dammartin-en-Goële
    Iverny
    Juilly
    Longperrier
    Marchemoret
    Mauregard
    Le Mesnil-Amelot
    Mitry-Mory
    Montgé-en-Goële
    Monthyon
    Moussy-le-Vieux
    Nantouillet
    Penchard
    Le Plessis-aux-Bois
    Le Plessis-l’Evêque
    Saint-Mard
    Saint-Mesmes
    Saint-Soupplets
    Thieux
    Villeneuve-sous-Dammartin
    Villeroy
    Vinantes
  •  Le Plan de Gêne Sonore étendu a été signé par les préfets du Val-d’Oise, de Seine-et-Marne et de Seine-Saint-Denis (pour la seule commune de Tremblay-en-France qui intègre également le PGS), le 22 juillet 2004. Il remplace le précédent PGS de 1999. Le texte interpréfectoral est consultable dans les mairies des villes concernées.
  • Infos pratiques Riverain : afin de connaître la marche à suivre pour insonoriser votre logement, vous pouvez télécharger la brochure éditée par Aéroports de Paris sur son programme d’aide à l’insonorisation qui se trouve ci-dessous

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